LE MOINDRE BRIN D’HERBE EST UNE MERVEILLE

Depuis quelques années, une très étonnante « discipline transdisciplinaire », appelée biomimétisme, s’est mise à répertorier toutes les erreurs que nous, humains modernes et industrieux, avons commises par arrogance et ignorance. À l’inverse, cette transdiscipline pointe toutes les solutions que la nature nous suggère, face aux impasses où nous nous trouvons enlisés. Car le moindre brin d’herbe, en réalité, est une merveille. Avec cette nouvelle discipline, est en train de naître une approche technologique prodigieuse, biocompatible et probiotique, qui pourrait représenter une amorce concrète de ce que des visionnaires comme le géologue matérialiste Vernadsky et le paléontologue spiritualiste Teilhard de Chardin ont appelé, il y a un siècle, « noosphère ».

Archi-biomimetisme

 La démarche consiste à se demander, chaque fois que l’on se trouve face à un problème, si la nature n’aurait pas déjà rencontré par le passé le même problème et, le cas échéant, comment elle l’a résolu, et aussi quelles solutions elle a écartées – et pourquoi. Et l’on découvre que, la plupart du temps, la réponse existe et qu’elle est brillante.

Pendant des millénaires, nos ancêtres ont pratiqué le biomimétisme sans le nommer. « Les igloos des Inuits sont inspirés des tanières d’ours blanc », dit Gauthier Chapelle, le jeune spécialiste belge en biomimétisme qui a initié beaucoup d’Européens à cette nouvelle discipline et aime puiser ses exemples dans les écosystèmes polaires, là où il a démarré son parcours, au début des années 1990. Un début exaltant et choquant : à son arrivée en Antarctique, qu’il s’était imaginé comme une autre planète, vierge et pure, à l’abri de nos dérèglements, il est vite tombé sur des plages couvertes de bouts de plastique et de cambouis. Là, il a pris conscience de l’ampleur du problème. Mais, comme disent les Chinois, une crise, c’est aussi une opportunité.
Quelle opportunité s’offre à nous ? Celle de prolonger notre mouvement de « verticalisation intérieure » en nous réinsérant dans les flux planétaires, où nous étions insérés jusqu’au Néolithique. Janine Benyus, la naturaliste américaine qui a inventé le concept de « biomimicry » (imitation du vivant), nous rappelle que nous sommes une espèce vivante parmi les autres. Son constat, qui ne plaît pas toujours aux milieux écolos, souvent hostiles à tout ce qu’ils considèrent comme « artificiel », est que tous les objets humains, même les usines chimiques et les centrales nucléaires, sont « naturels », car produits par des humains qui sont des êtres de nature. Seulement, rien ne dit que la sélection opérée par cette même nature valide ces objets. Nous sommes une espèce encore en adolescence qui, par la science, a compris les choses de façon plus consciente, et qui fait un peu tout et n’importe quoi, mais qui tôt ou tard, sera rattrapée par son système, la Terre.
Que faire ? Demander l’aide des « anciens ». Les experts de la durabilité sont tout autour de nous. Si les espèces vivantes sont encore là, c’est qu’elles maîtrisent au moins leur propre durabilité. Et elles le font dans le même écosystème que le nôtre, donc ça nous intéresse. Nous pouvons rendre nos technologies durables grâce à la nature. Et c’est totalement prodigieux.
[Qu’est-ce qui nous relie à l’invisible ?]
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