La nécessité de se connaître soi-même

Les hommes ont toujours cherché à mieux se connaître et à donner un sens à leur vie, à n’importe quel moment de l’Histoire. On peut citer quelques exemples historiques ; Socrate à l’époque antique écrit : « Connais-toi toi-même » et « deviens ce que tu es », Bossuet au Xe siècle : « La science la plus importante à l’être humain est celle de se connaître soi-même », Cervantès en 1589 : « Occupe-toi de te connaître toi-même, c’est la chose la plus difficile au monde. », le grand médecin Alexis Carrel, au début du XXe siècle, défend la « nécessité de nous connaître nous-mêmes. » La pyramide des besoins de Maslow permet d’éclairer les approches spirituelle et psychologique de la connaissance de soi abordées par Bach.

Une approche spirituelle de la connaissance de soi

Dans ses écrits, Bach évoque l’importance d’écouter sa vie intérieure, à laquelle il fait lui-même une grande place dans ses expériences. Ainsi, ses études reposent essentiellement sur la notion de résonance entre les fleurs et ses propres états émotionnels. Nora Weeks écrit : « Dans les jours qui précédaient la découverte de chacun d’entre eux, il souffrait luimême de l’état d’esprit dans lequel le remède était particulièrement indiqué. » Ses découvertes ne sont pas théoriques, elles sont profondément ancrées dans son expérience de vie. Par exemple, sa découverte de Pine, qui aide à dépasser le blocage lié à une culpabilité, intervient à une période où Bach éprouve un sentiment d’échec et se le reproche alors même qu’il travaille de manière intensive et réalise de constants efforts pour progresser. Il écrit à ce moment-là : « Je m’en veux. Bien que j’aie réussi, je sais que j’aurais pu faire mieux. Je travaille dur mais je fais des erreurs et je suis mécontent de ce que je réalise. »

Pour Bach, le corps est une extériorisation, une manifestation objective de notre nature intérieure, l’expression de nous-mêmes et la matérialisation des qualités de notre conscience. Nos insatisfactions du quotidien dans notre vie privée ou professionnelle, nos fatigues physiques et morales, nos incapacités à nous concentrer, à faire nos choix, à aimer ou à nous sentir aimés, notre solitude, nos frustrations… indiquent que nous ne sommes pas en accord avec notre nature profonde. C’est la raison pour laquelle il est important de savoir reconnaître tous les ressentis, pensées et sentiments négatifs qui nous révèlent que nous ne marchons pas sur notre chemin de vie. Si nous ignorons, négligeons ou rendons l’autre responsable de ces ressentis, nous nous coupons d’un enseignement précieux pour apprendre à nous connaître nous-mêmes et accomplir une partie du chemin vers nous-mêmes.

Une approche psychologique de la connaissance de soi

De tous les courants psychologiques de la connaissance de soi, c’est de Jung que les écrits de Bach se rapprochent le plus. Toutefois, si dans le domaine de la santé, Bach a souvent cité Hahnemann et l’homéopathie, il n’a, dans les nombreux écrits qu’il a laissés, jamais cité Jung expressément, ni fait référence à aucun de ses concepts. Le développement qui suit m’est donc très personnel, inspiré par les nombreuses similitudes de pensée relevées au cours de mes quatorze années de recherche et de pratique.

L’influence de Jung sur la pensée de Bach

Bach, comme Jung, a centré et basé toute sa méthode sur l’étude de la psyché au sens large, mental et émotionnel, en observant aussi bien des personnes malades que des personnes en bonne santé. Tous deux ont déterminé des types de comportement et abouti à une classification : types psychologiques pour Jung, types de personnalité pour Bach, fondée sur l’observation chez les malades de « chaque mouvement d’humeur, chaque réaction à la maladie, toute manie et petite habitude » et chez les bien-portants de la façon dont ils se comportent et se déploient dans la vie. Ils se sont appuyés sur leur propre expérience de vie, leurs émotions et leurs ressentis dans le déploiement de leur recherche.

Ces deux hommes ont reconnu une relation entre notre personnalité et notre âme via le canal de l’intuition, et la nécessité de se connaître soi-même pour suivre son intuition propre, son désir propre, sans se laisser perturber par les suggestions d’autrui. Bach, comme Jung, accorde beaucoup d’importance à l’intuition, qu’il définit comme la spontanéité : « Ce qu’on appelle intuition est de suivre absolument sa propre inclination. » et la capacité de préserver son identité parmi les autres : « La maladie est due à une ingérence : ingérence dans la vie d’autrui ou ingérence d’autrui dans sa propre vie. »

L’apprentissage de la « liberté d’être » au quotidien

Au-delà de Jung, Bach affirme que le bonheur apporte avec lui « toutes les vertus que chacun s’efforce d’atteindre au cours de sa vie terrestre : les qualités de douceur, force, courage, constance, sagesse, paix et amour » et à l’inverse, que « l’insatisfaction attire cupidité, cruauté, égoïsme, instabilité, orgueil et haine, autant de causes sous-jacentes de la maladie ». Cela donne à réfléchir… Mais, comme le déclare Annie Marquier, qui dirige l’Institut du développement de la personne au Québec, il est plus facile de s’illusionner en accumulant les connaissances par la lecture ou les stages, que de s’investir dans un travail sur soi pour gagner sa «liberté d’être ». C’est comme si, en rentrant d’un concert où vous auriez été profondément touché par le talent et la sensibilité du pianiste, vous décidiez de jouer du piano, en oubliant les longues heures de pratique pour arriver à la maîtrise de l’instrument. Néanmoins, les fausses notes se feraient vite entendre pour manifester le manque de maîtrise. Quant à vous, il vous sera impératif d’apprendre à reconnaître les fausses notes que seront vos insatisfactions, frustrations et états émotionnels négatifs.

C’est cet apprentissage que propose justement la méthode des fleurs de Bach : se mettre à l’écoute de soi-même, prêter attention à ses aspirations les plus profondes et agir en fonction des signaux envoyés par les émotions, à chaque instant de sa vie. C’est à la fois simple et à la portée de tous, une aventure passionnante qui n’est pas sans rappeler « le voyage du héros » ! Car qu’y a-t-il de plus difficile et de plus bouleversant que de partir à la recherche de soi-même ? 1

voyage au coeur de soi1. Vogler, Christopher, Le Guide du scénariste, Dixit-Eicar, 2002.

© Eyrolles Pratique

Extrait de Mieux vivre avec les Fleurs de Bach, un très bon dossier de Pascale Millier.

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