« Les plantes nous sauveront des pesticides » rencontre avec Gilles-Eric Séralini


Pesticides et polluants chimiques se mélangent dans notre environnement et créent un cocktail toxique explosif pour notre santé. Comment se débarrasser de ces produits toxiques  ? Et si la solution était dans le plaisir de l’alimentation et dans les plantes  ? Rencontre surprenante avec le professeur et chercheur Gilles-Éric Seralini.


 

L’article se présente sous forme d’interview où Gilles-Eric Séralini nous fait bénéficier de ses conseils détox antipolluants. Ces conseils pourront vous servir de bouclier gaulois contre les pesticides, les OGM, les perturbateurs endocriniens, etc. qui nous assaillent quotidiennement.

Le Professeur Séralini est chercheur en biologie moléculaire à l’université de Caen, ses études choc ont démontré la toxicité du Roundup, l’herbicide le plus employé dans le monde, ainsi que du maïs transgénique fabriqué par Monsanto.

Ses photos sur les tumeurs des rats ont fait le tour du monde et permis de mettre à jour un immense scandale sanitaire. Il fait aujourd’hui partie des experts qui alertent sur les dangers des OGM, des polluants et des perturbateurs endocriniens.

gilles-eric-seralini-600x255

Ses recommandations vous surprendront peut-être, mais tant pis. Un chiffre doit suffire à nous convaincre : aujourd’hui, on peut compter sur les gènes d’un bébé à la naissance 400 résidus chimiques issus des gaz de moteur, de l’industrie, des pesticides, des métaux lourds, des dioxines, etc !!!

C’est dire si l’environnement est envahi par la pollution de tous ces produits qui ont été commercialisés depuis les années 1950 et dont on a évalué l’impact de manière laxiste. Pourtant, on sait avec certitude que les pesticides déversés sur les cultures sont absorbés par l’organisme à travers l’alimentation car on les trouve dans le sang ou dans l’urine.

  • Comment agissent les pesticides sur notre organisme ?

C’est grave ! Car il s’agit de produits très stables qui deviennent toxiques dans le corps à partir d’une certaine dose. Et même lorsque notre corps en absorbe une quantité inférieure au seuil de toxicité, ils ont une action de perturbateur endocrinien. Cela signifie qu’ils se collent sur nos hormones et les empêchent de fonctionner correctement. Mais leurs effets sont encore très sous-estimés puisqu’on est en train de se rendre compte que les pesticides, ainsi que toutes les substances chimiques de l’environnement, sont également des perturbateurs nerveux. En réalité, on devrait parler de perturbateurs endocriniens et nerveux. Ils s’accumulent dans le corps et dérèglent la communication entre les cellules. Comme du sable dans un moteur, ils ralentissent le fonctionnement du vivant, ce sont de véritables « spams de la vie ».

illus-dispersion-pesti

.

  • Le danger ne vient pas que des pesticides. Vous pointez du doigt les OGM également et tous les autres polluants, comme les médicaments ?

À travers les expériences que j’ai menées, j’ai pu remarquer que manger des pesticides peut provoquer des tumeurs, des maladies des reins ou du foie. En Europe, nous sommes moins contaminés qu’en Amérique du Nord et du Sud. Mais effectivement, tous les OGM contiennent des pesticides et certains sont en plus arrosés de pesticides, OGM et pesticides sont systématiquement associés. Cependant, on ne peut pas dire que toutes les plantes soient contaminées de la même manière. Les OGM concernent essentiellement les plantes qui nourrissent les animaux des élevages intensifs ou destinées à l’industrie agroalimentaire  ; les gens qui mangent bio ou qui choisissent des produits dont ils contrôlent la provenance sont beaucoup moins exposés. En revanche, on trouve des pesticides dans l’eau de pluie et dans les rivières. Mais pas seulement, il y a aussi tous les autres polluants, je pense notamment aux traces de médicaments. Les pesticides sont les seuls produits toxiques volontairement disséminés dans l’environnement en temps de paix…

 

  • Comment faire pour se protéger de tous ces polluants ?

D’abord, contrôlez la qualité des produits que vous mangez. Les plantes qui sont cultivées de manière naturelle présentent des concentrations au moins cent fois moindres que celles qui sont arrosées de pesticides. En évitant les produits industriels ou issus d’élevages concentrationnaires, vous ne restez exposé qu’aux seuls produits chimiques présents dans l’environnement qui sont effectivement inévitables. Votre organisme fonctionne comme un filtre de robinet : il les élimine au fur et à mesure grâce à des « éboueurs », les enzymes de détoxification, qui nettoient les cellules. Mais en le saturant peu à peu avec des pesticides, il ne peut plus le faire. En principe, si vous êtes en bonne santé et que vous consommez des produits sains, vos enzymes prennent le relais et épurent l’organisme.

 

  • Est-ce utile de faire régulièrement des cures de plantes ?

Bien sûr, on peut s’aider de différentes plantes pour se détoxifier. Nous avons beaucoup travaillé pour comprendre les principes actifs des plantes. Le pissenlit, l’épine vinette ou la grande bardane, par exemple, sont efficaces sur certains organes et il y a des phytothérapeutes très avertis qui savent comment les utiliser. Aujourd’hui, les recherches montrent que les arômes (qui sont les stimulateurs des communications sexuelles des plantes, puisqu’ils attirent les insectes) sont les vraies substances détoxifiantes. Car ces arômes peuvent rétablir une communication correcte entre les cellules du corps. Ce sont de vrais produits de détoxication, à condition d’en prendre un peu, de les ajouter dans tous les plats et surtout que ça vous fasse saliver.

 

  • En quoi la salivation est-elle importante pour la détoxication ?

Quand vous salivez, par réflexe nerveux, vous déclenchez des sucs gastriques et hépatiques dans lesquels il y a les ces fameuses enzymes ou «éboueurs» de détoxication, comme le cytochrome P450. Voilà pourquoi il est si important de consommer des aliments et des plantes aromatiques qui vous font plaisir. Mariez ces arômes avec des aliments sains, variez-les, mettez en un peu dans chaque plat pour avoir une cuisine vraiment naturelle. Ces plantes aromatiques sont connues depuis la nuit des temps et utilisées dans toutes les traditions culinaires. Mais il ne s’agit pas uniquement des plantes aromatiques, comme le thym (Thymus vulgaris), le laurier (Laurus nobilis) ou le romarin (Rosmarinus officinalis). Bien sûr, il y a toutes celles qui sont connues pour leurs propriétés digestives, mais c’est une fausse appellation, elles sont aussi détoxifiantes. On peut y ajouter beaucoup d’autres plantes dont les vertus peuvent être très variées comme le mélilot (Melilotus officinalis) ou le cassis (Ribes nigrum). Il y a aussi l’encre de seiche, qui est un des rares arômes animaux. Ces arômes rehaussent la saveur des plats, nous font saliver et amorcent la détoxication puisqu’ils stimulent nos «éboueurs».

 

  • Comment préparer cette nourriture épurative ?

Ce sont les plats goûtus qui apportent à la fois du plaisir et un complément de détoxication. L’essentiel est de se servir des traditions culinaires et d’utiliser les plantes ou les épices d’abord pour leur saveur qui doit rendre le plat meilleur. Nous sommes dans un pays où l’on aime la bonne cuisine. Il doit être simple de préparer une nourriture festive, biologique et naturelle à base de bons produits locaux, qui dégage une richesse d’arômes, de goûts et de textures, et qui, en outre, peut détoxifier l’organisme quotidiennement. Mais comme je ne suis ni nutritionniste, ni cuisinier, le chef Jérôme Douzelet du Mas de Rivet à Barjac est venu à ma rescousse pour proposer des plats savoureux d’une grande richesse de saveurs créés à partir de plantes locales qui font l’objet de mon dernier livre.

.

En savoir +

Le professeur Gilles-Eric Séralini vient de publier le livre Plaisirs cuisinés ou poisons cachés chez Actes Sud. Un bel essai qui dénonce les produits chimiques présents dans nos aliments – nous ingurgitons environ « 36 pesticides par jour » – et met en lumière la diversité des arômes, des couleurs et des plantes détoxifiantes pour rétablir, par l’assiette, la richesse du consommateur.

.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :